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31/12/2008

Bientôt dans les bacs

Attention, les deux romans suivants sont à paraître au cours du mois de janvier. Pourquoi en parler maintenant, me direz-vous ? Parce que je suis ici chez moi et que je fais ce que je veux.

 

La vieillesse, pas facile d’en sortir vivant

9782843044656.gif Le Général avait raison, la vieillesse est un naufrage. Ça s’appelle Les Conviviales : un « Club-House », des « maisons dédiées au confort », « du soleil toute l’année ». Et surtout « une résidence clôturée et sécurisée » avec gardien, pour les « seniors » qui veulent « vivre une retraite active ». Idéal pour Martial et Odette, Maxime et Marlène, et Léa. Tous retraités, tous plutôt équilibrés dans leur ancienne vie, mais tous roulés par ce paradis de toc, piège à rêves cerné de caméras de surveillance.

Car bien sûr, la formidable résidence pour troisième âge va vite se transformer en huis clos étouffant. Une prison même pas dorée, où les angoisses de chacun, les phantasmes des uns, les obsessions des autres, vont pouvoir s’épanouir jusqu’au drame.

Pascal Garnier est le fils caché qu’auraient pu avoir Simenon et Westlake (avec un peu d’imagination, je le concède). Toujours drôles, toujours fins, mais toujours noirs et acerbes, ses romans disent plus sur notre monde que beaucoup de thèses sociologiques. Lune captive dans un œil mort, ou comment la fin de vie est elle aussi devenue une marchandise. Le Général avait tort, la vieillesse, c’est du bronzage.

Lune captive dans un œil mort, Pascal Garnier, Zulma.



Adoption, piège à cons

9782265088351.gif Autre auteur français, trop peu connu, et choyé par Polar Blog (notamment ici) : Didier Sénécal. Roman après roman, Sénécal bâtit une œuvre grinçante, astucieuse et divertissante. Avec pour maître d’ouvrage, le commissaire Lediacre, patron de la brigade des Intouchables, chargée de faire tomber les puissants de tout poil (c’est de la littérature, bien sûr).

Après le show-biz, les politiques et les juges, Lediacre et Sénécal s’attaquent dans sa quatrième enquête, Les petites filles et les petits garçons, à un des piliers du modernisme capitaliste : le charity business. Pierre-Guillaume Heuzé – alias PGH – est le président charismatique, admiré, et à chemise rouge, d'une ONG censée venir en aide aux orphelins du monde entier. Lediacre va mettre son instinct dans ce drôle de sac, et prouver une fois encore que, bien souvent, derrière l’ange se cache le démon. Abus de biens sociaux, adoptions illégales, trafics de gosses… de quoi crisper pour longtemps le stylo du donneur au-dessus du chéquier.

Les petites filles et les petits garçons est un roman nerveux et cruellement drôle, qui s’attache à déboulonner les statues, ambition ô combien louable et nécessaire. Bien sûr, on sent que Crozemarie, l’Arche de Zoé ou le tsunami de 2006 sont passés par là. Comme toujours chez Sénécal, rien n’est vrai, mais tout est crédible.

Les petites filles et les petits garçons, Didier Sénécal, Fleuve Noir.

07/12/2006

Fructueux de Garnier

medium_couv_garnier.gif Je n'arrive pas à comprendre que Pascal Garnier n'ait pas davantage de succès. Auteur discret, pudique, il vit peinard dans un petit village ardéchois où il peint, écrit des livres pour la jeunesse, et aussi quelques romans noirs. Une dizaine depuis presque dix ans, dont le dernier, Comment va la douleur?, sorti à la rentrée et qui n'a pas eu la couverture médiatique qu'il mérite.

 

Garnier a un ton à lui, un imaginaire, un humour, et surtout un talent à lui. Celui de toucher juste dès les premiers mots, en racontant des histoires ordinaires qui arrivent à des personnages ordinaires. Pourtant, le livre refermé, on en garde un souvenir extraordinaire.

 

Dans Comment va la douleur? - titre mélancolique inspiré d'une expression africaine pour demander de ses nouvelles à quelqu'un - il nous conte la rencontre de Simon, vieux tueur à gages perclus de solitude, et de Bernard, jeune doux idiot vivant dans une station balnéaire des Alpes.  Simon porte sur la vie un regard cynique et ne voit en les autres que des "nuisibles" à éradiquer. Bernard, lui, est un homme "soluble" en société, posant ses yeux naïfs et tendres sur chacun. Pour son dernier contrat, Simon va engager Bernard comme chauffeur. Une manière de le conduire en enfer.

 

Romancier d'atmosphère, sans jugement ni morale, Pascal Garnier suit ses personnages comme des voisins encombrants pour lesquels on finit par avoir quelque tendresse. Tout sonne juste entre ses lignes : les passants dans les rues, les toiles cirées, les plis des costumes, les couches-culottes des enfants, les éclats de rire des adultes comme leur fatalisme à l'heure de la mort. Un peu comme si Simenon s'était pacsé avec Fred Vargas. Un vrai gage de succès qui explosera un jour, c'est certain.

 

Comment va la douleur?, Pascal Garnier, Zulma.

   

 

 

 
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