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10/10/2006

Le retour de la vengeance du tueur en série sanguinaire

medium_couv_thilliez.jpg Il avait été la grande surprise du polar en France en 2005. Franck Thilliez, jeune auteur inconnu, installé dans le Nord, avait signé La Chambre des morts. Un succès foudroyant, des fans aux quatre coins du pays, un gros bouche à oreille, et une aubaine pour son éditeur, Le Passage, petite maison parisienne. Le roman avait une fougue, un rythme puissant, des personnages attachants, même s'il devenait caricatural au fil de l'intrigue, pour finir en apothéose un brin grotesque, genre Silence des Agneaux du côté de Valenciennes. Ça avait démarré en polar urbain efficace, ça finissait en série B gore déjà lue et vue.

 

Thilliez revient en cette rentrée avec son nouveau roman, La Forêt des ombres. Un livre très attendu, qui vu son occupation des têtes de gondole, doit déjà très bien marcher. Problème, on y retrouve les mêmes défauts que dans le précédent. Thilliez, comme Chatam, n'a pas encore trouvé sa voix, restant trop dans les codes et les traces des auteurs anglo-saxons. La Forêt des ombres est un patchwork de Shining (un écrivain et sa petite famille dans un grande maison angoissante en pleine Forêt noire allemande), de Misery (un écrivain harcelé par une fan folle), du Silence des agneaux encore (un tueur en série particulièrement brutasse et un psychiatre manipulateur particulièrement pervers, Hannibal Lecter es-tu là?), de Dragon rouge (un tueur qui s'en prend à des familles), et même de Harry Poter (un héros avec une histoire de cicatrice, drame de son enfance). Plus une pincée de Projet Blair Witch (pour les traques dans la forêt) et un brin de Sleepy Hollow (rapport à un arbre maléfique).

 

Si vous n'avez jamais vu ces films, ni lu Stephen King ou Thomas Harris, vous apprécierez certainement le roman de Franck Thilliez. On est typiquement dans le genre "page turner" avec à la fin de chaque chapitre, un rebondissement invitant le lecteur à tourner frénétiquement la page pour savoir ce qui se cache derrière le rideau. C'est facile à lire, le style est direct, les personnages déroutent peu (le jeune écrivain tape à la machine à écrire forcément ancestrale en s'envoyant forcément des bourbons ennivrants, le psy manipulateur domine le monde depuis son fauteuil roulant, les bonnes femmes frisent l'hystérie…). En revanche, si vous avez déjà goûté au polar, vous vous lasserez vite. Et préfèrerez relire King. Comme moi.

 

La Forêt des ombres, Franck Thilliez, Le Passage, 395 p., 19,50 €.

 
PS : La Chambre des morts, La Forêt des ombres… le prochain, c'est La Route des fantômes, La Cave des ténébres ou Le Château des horreurs? 

 
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