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14/04/2008

Qui es-tu Tutu?

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Même le polar a désormais sa face people. Ça s'appelle Polar People ou, plus rigolo, Tutu Reporter. Une sorte de Gérard Languedepute très bien informé sur le milieu du polar français, qui depuis quelques semaines, balance anonymement sur son blog "ragots, potins et infos", parfois en-dessous de la ceinture.

 

Il paraît que son entreprise commence à faire son petit effet dans le marigot, j'en sais rien, c'est Tutu qui le dit. La première fois qu'on m'en a parlé, c'était au festival de Lyon. Je l'avais aussitôt oublié, mais il est revenu par la fenêtre il y a quelques jours lorsque j'ai constaté que près de 5% des visiteurs de Polar Blog venaient directement de son site (parfois, il m'arrive en effet de faire les comptes, la vie est aussi une épicerie). Et 5%, c'est pas si mal que ça, ça rembourse les frais de campagne, demandez à un candidat à la présidentielle.

 

Tutu Reporter, c'est drôle souvent, méchant toujours, injuste parfois, mais attention, c'est assez pointu, je n'y ai pas retrouvé tous mes petits. Si j'ai bien tout compris, ce Tintin anonyme du noir se donne pour mission de réveiller le polar français, trop planplan et surtout trop fainéant à son goût.

 

Qui est Tutu? Un homme, une femme, les deux? Est-il seul ou en horde? Ecrivain, éditeur, traducteur, critique, journaliste? Est-il vivant ou mort? Cherchez si ça vous amuse, moi je n'ai pas la réponse. De vagues idées peut-être…

 

Si j'en parle, c'est aussi parce que Tutu s'est gentiment foutu de moi, même s'il rend hommage à la "beauté" de Polar Blog. Mazette. C'est ici.

 

BB 

01/06/2006

Transfuge spécial Polar

Il se veut "le magazine de littérature étrangère". Transfuge, bimestriel en place depuis bientôt deux ans, avait peu traité le noir jusqu'à présent. Dommage réparé dans le dernier numéro de mai-juin qui consacre un dossier au "polar en Europe". Après le classique tour d'horizon des auteurs et des genres par pays - exercice obligé, pas toujours original, même si ici, on apprend que le polar grec a pour doux noms Antonis Samarakis, Dimosthenis Kourtovik ou Petros Markaris. Parti pris assumé par Transfuge, le dossier ne traite pas des auteurs américains, mais le mag se rattrape avec une interview annexe de Michael Connelly.

Véritable intérêt de l'entreprise, le reportage d'Hubert Prolongeau dans les pays scandinaves, pour analyser la vivacité du polar nordique, celui des Mankell, Nesbo, Staalesen, Indridason… poids lourds du noir mondial. Le succès de ses auteurs ne se dément pas depuis une bonne dizaine d'années. Prolongeau explique qu'en Suède, ils vendent plusieurs millions de titres dans un pays qui ne compte que neuf millions d'habitants.

A l'origine du phénomène, la création dans les années 1970 en Suède de l'inspecteur Beck, Maigret local, par le couple d'auteurs Per Wahloo et Maj Sjowall, considérés aujourd'hui comme les fondateurs du genre en terre froide. Le polar, jusqu'alors dénigré, dynamite l'image idyllique de la Suède avec ses blondes diaboliques et son système social à l'eau de rose. Les lecteurs découvrent les parts d'ombre de leur pays : corruption, racisme, violences, passé pendant la Seconde guerre mondiale… Un travail d'autopsie que sublimera plus tard Henning Mankell, deuxième père du polar nordique, qui "a pris une forme mourante et l'a plongée dans le monde moderne".

Même si les Norvégiens trouvent les auteurs suédois "désespérément sérieux", on retrouve chez eux le même sens du social et l'inspiration puisée dans les colonnes des faits divers. Problème, le genre est devenu si populaire qu'il se cuisine désormais à toutes les sauces et perd de sa pureté originelle. Une dérive classique qui n'a rien de nordique.

A signaler également, en fin de dossier, l'excellente interview de Maxim Jakubowski, libraire londonien, connaisseur hors-pair de l'école anglaise (Ian Rankin, David Peace, Peter Robinson, John Harvey, Mo Hayder…).

Transfuge, mai-juin, 8,50 € (et oui, c'est un peu cher).

Bastien Bonnefous

16:05 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (1)

03/05/2006

Embarquez dans le Shanghaï Express

Le troisième numéro de Shanghaï Express vient de sortir. Tout nouveau mensuel spécialisé dans le polar, il a l'immense mérite d'exister après la mort ces dernières années de plusieurs revues consacrées au noir, comme le mythique Polar dirigé par François Guérif - le patron de Rivages - ou feu les magazines Ecrivain ou Moisson noire, cornaqués notamment par le romancier Marc Villard.

Shanghaï Express (hommage au film de 1931 de Von Sternberg avec Marlène Dietrisch) propose des interviews, des critiques de livres et une belle série de nouvelles signées par quelques pointures du genre (Daeninckx, Pouy, Khadra, Ferey…). Après s'être entretenu avec le nouveau maître britannique David Peace (on parlera bientôt sur Polar blog de son dernier roman, GB 84) dans le premier numéro, et Mo Hayder dans le n°2, Shangaï Express passe le légendaire Donald Westlake à la question dans son dernier opus. Le créateur de Dortmunder et Parker revient notamment sur sa collaboration avec Hollywood lors de l'adaptation ciné du chef d'œuvre de Jim Thompson, Les Arnaqueurs, réalisé par Stephen Frears en 1991. Frears à la caméra, Westlake au scénar, John Cusack et Angelica Huston à l'écran, et Scorsese à la production. Dream team…

Dans ce numéro, Shanghaï Express éreinte aussi gentiment le dernier (mauvais) livre (mais gros succès prévu) de Maxime Chatam, Les Arcanes du chaos (Albin Michel). Couillu et courageux pour un mensuel qui vit de peu, de prendre le risque de se fâcher avec un des plus gros éditeurs. Bravo.

Pour être complet, cher lecteur, sache que Shanghaï est né du double cerveau de l'éditrice et universitaire Stéfanie Delestré - à qui l'on doit la réédition récente chez Joëlle Losfeld de plusieurs romans du grand Jean Amila - et du romancier Laurent Martin, Grand prix de littérature policière 2003 pour L'Ivresse des dieux (Série noire). Surtout, chaque numéro est illustré par un dessinateur différent chaque mois. Cette fois, c'est Chantal Montellier qui s'y colle. Ma préférence va au n°2, mis en beauté par Jean-Claude Claeys, illustrateur indépassable de la collection Néo dans les années 1970-1980 (Fajardie, Villard, Jaouen…) , aux couvertures noir et blanc, splendides de réalisme et de violence.

Shanghaï Express, mai 2006, 6 €.

Bastien Bonnefous

14:55 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (1)

 
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