Avertir le modérateur

01/06/2006

Transfuge spécial Polar

Il se veut "le magazine de littérature étrangère". Transfuge, bimestriel en place depuis bientôt deux ans, avait peu traité le noir jusqu'à présent. Dommage réparé dans le dernier numéro de mai-juin qui consacre un dossier au "polar en Europe". Après le classique tour d'horizon des auteurs et des genres par pays - exercice obligé, pas toujours original, même si ici, on apprend que le polar grec a pour doux noms Antonis Samarakis, Dimosthenis Kourtovik ou Petros Markaris. Parti pris assumé par Transfuge, le dossier ne traite pas des auteurs américains, mais le mag se rattrape avec une interview annexe de Michael Connelly.

Véritable intérêt de l'entreprise, le reportage d'Hubert Prolongeau dans les pays scandinaves, pour analyser la vivacité du polar nordique, celui des Mankell, Nesbo, Staalesen, Indridason… poids lourds du noir mondial. Le succès de ses auteurs ne se dément pas depuis une bonne dizaine d'années. Prolongeau explique qu'en Suède, ils vendent plusieurs millions de titres dans un pays qui ne compte que neuf millions d'habitants.

A l'origine du phénomène, la création dans les années 1970 en Suède de l'inspecteur Beck, Maigret local, par le couple d'auteurs Per Wahloo et Maj Sjowall, considérés aujourd'hui comme les fondateurs du genre en terre froide. Le polar, jusqu'alors dénigré, dynamite l'image idyllique de la Suède avec ses blondes diaboliques et son système social à l'eau de rose. Les lecteurs découvrent les parts d'ombre de leur pays : corruption, racisme, violences, passé pendant la Seconde guerre mondiale… Un travail d'autopsie que sublimera plus tard Henning Mankell, deuxième père du polar nordique, qui "a pris une forme mourante et l'a plongée dans le monde moderne".

Même si les Norvégiens trouvent les auteurs suédois "désespérément sérieux", on retrouve chez eux le même sens du social et l'inspiration puisée dans les colonnes des faits divers. Problème, le genre est devenu si populaire qu'il se cuisine désormais à toutes les sauces et perd de sa pureté originelle. Une dérive classique qui n'a rien de nordique.

A signaler également, en fin de dossier, l'excellente interview de Maxim Jakubowski, libraire londonien, connaisseur hors-pair de l'école anglaise (Ian Rankin, David Peace, Peter Robinson, John Harvey, Mo Hayder…).

Transfuge, mai-juin, 8,50 € (et oui, c'est un peu cher).

Bastien Bonnefous

16:05 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Je découvre tardivement, et avec stupeur, l'article d'Hubert Prolongeau sur le polar dans la revue Transfuge dans lequel on peut lire "Giuseppe (Sic !) Battisti, ancien membre des brigades rouges... préfèrera fuir plutôt que de retourner en Italie pour y être jugé"
C'est navrant de lire de telles inepties...

Écrit par : dupuis | 28/06/2006

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu