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10/04/2006

Un Mankell à ne pas manquer

Henning Mankell est, depuis quelques années déjà, une valeur sûre du polar mondial. Suédois âgé de 58 ans, il témoigne parfaitement de la vitalité du noir nordique (avec pour ne citer qu'eux, l'Islandais Indridason, les Norvégiens Jo Nesbo et Gunnar Staalesen, ou un autre Norvégien, Ake Edwardson, mais nous reparlerons bientôt de plusieurs de ces auteurs dans Polar blog…). Mankell, pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, c'est notamment les romans de la série Wallander, du nom de son inspecteur Kurt Wallander, en poste à la police d'Ystad, en Scanie, dans le sud de la Suède. Parmi ses romans phares, Meurtriers sans visage (le premier de la série), Les morts de la Saint-Jean, La cinquième femme, ou L'homme qui souriait (qui vient de sortir en poches chez Points policier).

Mankell, c'est le froid, la neige, la solitude, et une vie au ralenti souvent bouleversée par un meurtre inexplicable. Mais surtout, c'est un travail lent et acharné sur le fameux "miracle suédois". Une société citée en exemple de réussite, mais qui ne veut pas voir ses parts d'ombre, ses échecs et ses renoncements. Sans complaisance ni nostalgie, Mankell-Wallander lève à chacune de ses enquêtes un coin du tapis suédois.

En ce début de mois d'avril, Mankell nous arrive avec un roman écrit en 2000, Le retour du professeur de danse, qui n'appartient pas à la série des Wallander. Cette fois, le héros est un jeune policier, Stefan Lindman, atteint d'un cancer à la bouche. Pétrifié par l'idée de mourir et refusant d'affronter sa peur, Lindman va se jeter à corps perdu dans l'enquête sur le meurtre d'un de ses anciens collègues. Retraité, amateur de puzzles et vivant retiré au fin fond d'une forêt du nord de la Suède, l'homme a été battu à mort. Et avant de le tuer, son meurtrier a, semble-t-il, esquissé un tango sanglant avec lui. L'enquête obligera Lindman à regarder un passé qui ne passe pas et à remonter jusqu'à la Seconde guerre mondiale, lorsque qu'une grande partie de la société suédoise adhérait aux thèses nazies. Une société qui n'a peut-être pas tant changé que ça.

Le retour du professeur de danse est un Mankell grand cru. On y retrouve les thèmes chers de l'auteur vivant aujourd'hui au Mozambique : la mort, la filiation, la quête d'identité et de vérité. Le tango parcourt tout le livre en sourdine, rythmant l'intrigue en ruptures inattendues, et la passion du mort pour le puzzle sonne comme le symbole d'une histoire incompréhensible tant que la dernière pièce du tableau n'a pas été correctement posée. A noter, Mankell a situé cette fois-ci l'histoire dans le nord de la Suède, en Härjedalen, province où il est né. Un détail supplémentaire qui fait du Professeur de danse un de ses livres les plus personnels.

Le retour du professeur de danse, Henning Mankell, Seuil Policiers, 410 p., 21,90 €. Traduit du suédois par Anna Gibson

Bastien Bonnefous

Commentaires

Existe aussi en téléfilm allemand de très très bonne qualité - à bientôt sur nos écrans j'espère.

Écrit par : Pachuco | 10/04/2006

ça a l'air sympa en effet.
En revanche, ne le prends pas mal Pachuco, mais quand tu écris "téléfilm allemand", j'ai le Derrick qui me démange et la peau du Renard qui me remonte dans la gorge ! Enfin, préviens-nous quand même lorsqu'il passera sur France 3 : en général, je bosse à 14h30 mais je programmerai mon magnéto.

Écrit par : Matteo | 11/04/2006

juste pour parler d'un jeune auteur nantais, Matthieu Paulo, qui a écrit un petit policier surprenant qui se lit d'une traite et que je conseille à tous...
FIAT LUX éditions Paulo-Ramand.
Merci pour ce blog...
louis

Écrit par : Louistiti | 13/04/2006

Pas d'accord concernant Le professeur de danse. Ce livre est interminable, le nouveau héros de Mankell, falôt et sans intérêt, n'existe que par rapport à son cancer qui nous est rappelé toutes les 30 pages pour que l'on s'inquiète à son sujet. Mais le pire c'est l'écriture. Lindman passe son temps à se demander pourquoi le criminel a fait ça, pourquoi le second criminel n'a pas fait ça. Bref, ça pense à qui mieux mieux là où l'on préférerait que Lindman agisse. Les lecteurs ne sont pas idiots au point qu'il faille rappeler à quoi pense le héros et à quoi, moi lecteur, je dois penser. La presse française a décidé, depuis peu, de nous vendre les scandinaves. Malheureusement, il n'y a pas plus classique et formaliste qu'un écrivain scandinave. Westlake, dont on parle ailleurs, est beaucoup plus "moderne" que les écrivains précités. Les meilleurs livres de Mankell sont les premiers édités en France dont le formidable Les morts de la Saint Jean.
Marc Villard.

Écrit par : marc villard | 13/04/2006

Marc,

Je te trouve très dur avec Mankell. Les derniers romans de la série Wallander sentaient eux le réchauffé, l'écriture rapide et faiblarde, notamment Avec le gel, où Kurt cédait la place à sa fille qui tournait carrément en rond. Le professeur de danse, lui, est plus original à mon goût. Il m'a justement plu parce qu'on n'y retrouve pas forcément les mêmes thèmes que dans les Wallander, lassants à la longue. C'est vrai, la presse française vante depuis peu le polar scandinave. Peut-être parce que malgré un certain classicisme et un certain formalisme, les Nordiques s'attaquent à leur société, un truc que le polar français a eu tendance à oublier ces dernières années (sauf exceptions comme tes romans très noirs ou ceux de Daeninckx, pour ne citer que vous).

Écrit par : Bastien | 13/04/2006

qu'un cancer soit évoqué si fréquemment par un personnage ne me choque aucunement. J'ai le même âge que le personnage, je sors (pour le moment) vainqueur du même mal et c'est un flirt quotidien avec l'angoisse et l'idée de mourir avant terme qui perforait chacune de mes journées. J'ai retrouvé certains de mes états d'âme dans ce roman, dans une écriture simple, sans fioritures.
Bon, pour ce qui est de la mode scandinave, je n'ai pas d'avis sur la question mais, pour ce roman, précisément, j'ai aimé l'intrigue, le cadre. Et je le trouve plutôt bien tourné.
Je trouve original qu'on ait toujours une longueur d'avance sur l'enquêteur. C'est un peu déroutant au début, puis ça devient jouissif comme un bon colombo.

Écrit par : morg | 27/10/2006

ce n'est pas un téléfilm, mais une série.
ce n'est pas allemand mais bel et bien suédois et le tout a été tourné en 2005...

Écrit par : melc | 16/03/2007

Oui, Je pense que Melc est un savant tres bien! Je suis etonne par telle connaissance... Mais en tous cas une surveillance est tre sbien fait! J'espère beaucoup que vous continuez à écrire de cette facon, j'attendrai de nouvelles notes.

Écrit par : Brooke - Madrid Hotels | 26/02/2009

Ca m'a fait du bien de le lire, merci

Écrit par : anglais rapide | 02/11/2009

Yes, I think Melca is a scholar very much! I am surprised by such knowledge ... But in any case be sbien monitoring is done! I very much hope that you continue to write in this way, I will wait for new notes.

Écrit par : academic report writing | 14/06/2011

Les commentaires sont fermés.

 
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