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27/03/2006

D'une Afrique l'autre

Tous les samedis, un macchabée noir est retrouvé, la peau du visage arrachée et le corps massacré, dans les rues de Johannesburg ou les faubourgs de Soweto. L'inspecteur Francis Zondi, un Noir qui n'oublie jamais, est chargé de l'enquête. Si le thème du serial killer sud-africain est intéressant, il est finalement secondaire dans ce beau premier roman d'un auteur mystérieux.

Car ce qui compte dans La mémoire courte, c'est le tableau de l'Afrique du Sud en 2004, dix ans après la fin de l'apartheid politique, l'accession au pouvoir de Nelson Mandela et la "réconciliation nationale" décrétée dans le pays entre Blancs et Noirs. Si le racisme a officiellement disparu de l'organisation sociale, politique et économique du pays, il reste encore vivace dans plusieurs esprits nostalgiques de l'Afrique blanche, et beaucoup de Sud-Africains, de toutes les couleurs, ont la mémoire bien courte sur les horreurs passées de leur pays.

L'auteur de ce roman a pris pour pseudonyme Louis-Ferdinand Despreez, certainement en hommage à Céline. Les renseignements le concernant sont plus que parcellaires. Né soi-disant en 1955 en Afrique du Sud, Despreez serait un Blanc anglophone dans sa vie quotidienne mais qui a choisi d'écrire en français, la langue de ces ancêtres huguenots établis dans ce coin du continent noir au XVIIe siècle. Ancien exploitant agricole, il aurait rejoint il y a plusieurs années la cause des leaders noirs de l'ANC, et depuis la fin de l'apartheid, travaillerait pour le gouvernement sud-africain.

A lire son roman, on imagine que Despreez, comme son héros le policier Zondi, aime son pays "de toute son âme et ses tripes, mais le déteste de toute sa tête". D'une écriture sèche et minutieuse, il gratte les plaies sud-africaines, rappelle les alliances politiques contre-nature, et empoigne les vestes retournées. L'atmosphère y est poisseuse et poussiéreuse tels les trottoirs des bidonvilles toujours bien présents, et, comme Céline, Despreez ne se fait guère d'illusion sur la nature humaine.

Bastien Bonnefous

La mémoire courte, Louis-Ferdinand Despreez, Phébus (excellente collection policière Rayon noir), 207 pages, 18,50 €.

Commentaires

NOUS VENONS DE LIRE AVEC ATTENTION UNE PARTIE DE TOUTES LES CRITIQUES CONCERNANT LES POLARS. IL SE TROUVE QUE NOUS RESTONS TRES ATTENTIFS A VOS SUGGESTIONS ET SOMMES TRES ASSIDUS DE VOS ECRITS.

Écrit par : MILAN | 02/11/2006

What a good article! It's such a pleasure for my brain to read such quality articles! Good job!

Écrit par : free essay writing service | 21/06/2011

Les commentaires sont fermés.

 
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